Histoire

L’Histoire nous révèle bien des choses, et la petite histoire de notre collectif ne déroge pas à la règle. Depuis plus de 10 ans l’association et ses membres s’agitent, provoquent, s’amusent, énervent, discutent, organisent, s’organisent et refont le monde.

« Le fait que les hommes tirent peu de profit des leçons de l’Histoire est la leçon la plus importante que l’Histoire nous enseigne.  » Aldous Huxley

 

Il était une fois, en octobre 2004, des étudiants français et sénégalais issues du relais Ritimo « Info-Doc Solidaire » qui décident de s’unir et de créer une association. Avec pour objectif de promouvoir la souveraineté alimentaire nous avons développé des projets de solidarité internationale avec des groupements paysans Sénégalais et des migrants Maliens. Très vite nous nous sommes tournés vers des actions locales suivant le vieil adage altermondialiste « Agir ici pour que cela change là-bas ». Nous avons entre 2004 à 2009 organisé des événements de sensibilisation et mobilisation contre la faim et en faveur de l’agriculture paysanne (Concert contre la faim, Festival Alimenterre).

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Les actions d’éducation à la solidarité internationale ont été privilégiés et en particulier vers les jeunes sous différentes formes (exposition, débat, concert, émission radio…) et dans différentes villes (Orléans, Tours, Angers et même en Belgique). Nous avons soutenu et relayé des campagnes citoyennes contre les dettes odieuses et la Françafrique afin d’agir sur les causes du « mal-développement » en proposant des alternatives citoyennes et collectives. Nous avons également agit en faveur du commerce équitable à travers la vente d’objet de la coopérative Sénégalais de N’Dem. Tout au long de ces années nous avons utilisés la musique comme vecteur de solidarité jusqu’à concrétiser cet engagement par la création du collectif « La faim du monde » avec des artistes de la scène Hip-Hop/Reggae orléanaise. Les membres de l’association se sont petit à petit former à des pratiques d’animations dynamique et participative comme le repas insolent, le jeu de la ficelle et du commerce mondial.

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En 2010, l’association a suivi le noyau de l’équipe partit s’installé en région parisienne (à Vitry sur Seine) et a continué son évolution. Comme toujours l’équipe se questionne et se remet en question. Comment réveiller les consciences sur l’impact des interdépendances entre les pays du Nord et du Sud devient un défi bien réel. La conviction qui nous guide se résume à l’adage « s’informer – comprendre – agir » : c’est par un échange de savoirs, d’expériences par le fait, que naît une plus grande conscience citoyenne et, quasi mathématiquement, c’est ce qui entraîne un plus grand nombre d’actions collectives. Mais comment sortir du public de convaincu, de l’intra militant. La réponse : les gens, c’est dans la rue que nous l’avons trouvé.

L’espace public nous offrent de nouvelles perspectives et nous poussent à de nouvelles postures. Au travers notre collaboration avec le programme européen « Hemispheres » et l’association Matières Prises nous nous sommes tournées vers des pratiques de sensibilisation et d’interaction sociale dans l’espace public. Au même moment, nous avons débuté un partenariat avec Human Development Organization qui agit en faveur des droits des travailleurs des plantations de thé du Sri Lanka (projet Thé Solidaire ?). Mais là encore, des questions se posent, évidentes : comment rendre sensible à ce qui se passent à des milliers de kilomètres sans prendre en compte nos réalités, nos vies quotidienne. C’est alors que les ouvriers de l’usine Fralib (conditionnement de thé) ont débuté leur lutte pour sauvegarder leur emploi. Le lien entre solidarité locale et internationale nous apparait comme le nez au milieu de la figure. C’est à ce moment-là que nous nous sommes tourné vers l’éducation à la citoyenneté et aux solidarités afin de faire converger les solidarités ici et là-bas et de susciter l’engagement citoyen et collectif en faveur d’une transformation sociale et sociétale.

Le projet « Thé Solidaire ? » accompagne ces changements à travers des actions de sensibilisation dans la rue en faveur d’une économie sociale et solidaire ici (avec les Fralibs) et là-bas (avec HDO). Face aux crises écologiques, sociales, culturelles, économiques et financières nous estimons alors que le défi démocratique est la clé d’une réponse politique et citoyenne.

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Mais pour exercer notre citoyenneté et décider collectivement comment organiser la vie de la cité nous devons nous exercer. Nos pratiques se tournent donc en priorité vers une éducation à la citoyenneté et la participation citoyenne. C’est dans les débats de rue animés grâce à l’outil « Porteurs de paroles » que nous trouvons des réponses pratiques à nos interrogations. L’expression est le premier pas vers une participation citoyenne. Ces débats de rues deviennent rapidement la marque de fabrique de l’association qui interroge les citoyens aux quatre coins de la France (Région parisienne, Bretagne, Toulouse, Marseille….).

A partir de 2012 l’ensemble de l’équipe s’est installé dans le quartier des Minimes afin d’ajouter un ancrage locale. Avec le projet « Agora des Minimes » nous avons porté le débat hors les murs et créer un rituel dans le quartier autour de l’expression citoyenne.

La rue aussi, il faut la comprendre ; comprendre comment elle fonctionne, comprendre les interactions qui ont lieu, comprendre ce qui la façonne ; c’est un véritable écosystème qui n’est jamais le même, bien qu’en apparence pas grand-chose ne diffère. C’est elle qui nous a permis de sortir du cocon intra-militant dans lequel nous nous étions confortés. La rue, c’est « le cordon ombilical qui relie l’individu à la société». A partir de nos expériences et des heures passés à « refaire le monde » avec des inconnus nous avons développé une expertise sur la participation citoyenne dans l’espace public que nous partageons lors d’accompagnement de groupe citoyens, d’initiation et de formation aux pratiques d’interaction dans l’espace public. En complément des espaces d’expression nous avons ainsi mis en place avec l’association Matières Prises des triptyques d’animations de l’espace public (sur l’agirculture et le don).

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Afin d’offrir des espaces d’interaction variés et adaptés à des publics non-captifs pluriels nous avons ajouté un espace documentaire (avec des modules d’information ou exposition de rue) et un espace ludique (avec des jeux de gustation ou des courses). Le « Courcircui’thé » symbolise cette approche par le jeu et invite à découvrir et questionner la filière du thé tout en s’amusant. Enfin tout au long de ces années, dans notre travail et engagement collectif nous avons appris à travailler ensemble et à faire vivre la démocratie en interne. Ces expériences de gestion de conflit, de facilitation de discussion, de dynamique de groupe nous ont permis de proposer non pas une recette magique mais des outils pour faciliter et accompagner les dynamiques de groupe.

Où va le monde et que peuvent les hommes ?

C’est à ces deux questions que l’éducation populaire tente à sa manière de répondre et nous de notre côté on continue modestement d’expérimenter des réponses.

Voilà c’est ici que nous nous arrêtons pour l’instant et comme dans toutes les histoires, à la fin ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants, mais nous n’en sommes pas encore là.

PS : on en profite pour remercier tous ceux sans qui il n’y aurait pas d’histoire, et ceux qui continuent de l’écrire.

Un grand merci à : Chloé, Maxime, Bastien, Audrey, Charles, Céline, Jonas, Djibril, Omar, Lionel, Jenny, Alice, Ophélie, Géraldine, Caroline, Jacqueline, Miou, Davidou, José, Doudou, Cyrilou, ILAM, Manigance, Max Livio, Charlotte, Sako, Fayce, Youssef, Jean Remy, Toc Toc, Claire, Nora, Jérome, Gwen, Roro, Nico, Caro, Manolo, Seb, Gillou et tous ceux qu’on oublie.